Le petit Louis est né sans main droite. Charlotte et Léo n’ont pas d’avant-bras gauche. Ces enfants sont tous atteints d’une malformation extrêmement rare qui frappe chaque année à peine 150 nourrissons en France. Pourtant, dans l’Ain, dans le Morbihan et en Loire-Atlantique, sur des périmètres très restreints, 15 enfants sont nés avec ce handicap depuis 2008. Comment expliquer ces malformations en série ? Simple coïncidence ou exposition des mamans à des produits chimiques ? Nous avons suivi des femmes et des hommes qui enquêtent sans relâche sur cette mystérieuse affaire : une lanceuse d’alerte, un ancien fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, un ingénieur. Certains suivent la piste des pesticides, d’autres celles des réseaux d’eau potable. Tous espèrent résoudre un jour l’énigme des enfants sans bras et dénoncent l’inertie des autorités sanitaires sur la question. Une enquête de Virginie Vilar, Matthieu Birden, Mathieu Niewenglowski et Marielle Krouk Corby, le précédent britannique ? Au début des années 90, une dizaine d’enfants sont nés sans mains, sans doigts et avec des malformations des avant-bras dans la même petite ville du centre de l’Angleterre. On les a appelés « les 18 de Corby ». Suspectant les travaux de démantèlement d’une usine d’acier d’être à l’origine des handicaps de leurs enfants, les familles ont attaqué en justice l’administration de leur ville et obtenu gain de cause au terme d’une bataille judiciaire de plus de dix ans. C’est la première fois dans l’histoire qu’un lien a été établi entre contamination de l’air et malformations congénitales. Une enquête de Pierre Monégier, Loup Krikorian et Emmanuel Lejeune L’antisémitisme au quotidien En 2018, en France, les actes antisémites ont augmenté de 74 %, suscitant indignation et stupeur. Il y a les actes spectaculaires comme la profanation du cimetière juif de Quatzenheim, dans le Bas-Rhin ou ces croix gammées sur le portrait de Simone Veil à Paris, en février dernier. Il y a aussi ces actes du quotidien : agressions, insultes, menaces, tags, courriers. Cet antisémitisme permanent, banalisé mais tout aussi terrifiant, c’est ce que raconte pour Envoyé Spécial ce père de famille qui a vu la porte de son appartement taguée et reçu une lettre menaçant sa famille. C’est le récit de ce couple de retraités cambriolé, ligoté et frappé dans son pavillon. C’est le témoignage de cette étudiante humiliée et harcelée par les camarades de son université. Une enquête d’Elise Menand et Kristian Autain